La disparition d’Annie Thorne : que vaut le deuxième roman de C.J. Tudor ?

Sème la terreur

C.J. Tidor, auteur de L'homme Craie et la Disparition d'Annie Thorne

Après L’Homme Craie, paru en 2018, La Disparition d’Annie Thorne est le deuxième roman de C.J. Tudor, déjà qualifiée comme étant la nouvelle Stephen King britannique. Entendez spécialisée dans le thriller horrifique.

Après le succès de L’Homme Craie, une histoire qui ne manque pas de faire penser au Club des Losers du Ça de Stephen King, son deuxième roman déçoit quelque peu. En ayant mis la barre bien haut avec son premier roman, rapidement devenu un succès mondial, pas évident de faire un doublé gagnant.

Un titre un peu trompeur/racoleur

Un style facile à lire, pour ne pas dire parfois familier, qui fait des romans de C.J. Tudor des œuvres faciles d’accès et agréables à lire. On engloutit les pages sans s’en rendre compte, c’est un fait. Ce qui dérange dans ce nouveau roman n’est donc pas le style mais son contenu, que l’on pourrait qualifier d’assez décousu.

Quand son premier opus tenait la route avec un MacGuffin sympathique : une tête coupée, ce deuxième roman explore plusieurs pistes et donne l’impression de n’en creuser véritablement aucune.

Une chronologie ressemblant étrangement au Ça de King (flashbacks récurrents à l’enfance et au groupe d’amis du personnage principal, puis retour au présent) vient donc révéler, petit à petit, les multiples secrets de l’intrigue.

Sauf que l’intrigue elle-même part dans tous les sens : Annie Thorne, petite sœur du personnage principal n’est évoquée que très tardivement, les circonstances de sa disparition s’annonçant grosses comme un camion et donc extrêmement prévisibles, quant à son retour, et au déroulé de l’intrigue une fois la petite revenue, il donne une impression de bâclé et de vite bouclé.

Ça flotte un peu trop là en bas

Au delà de l’intrigue « principale » au sujet de cette disparition, le récit se noie dans la vie tumultueuse de son personnage principal, et y ajoute des plot twists aussi décousus que peu crédibles.

Pourtant le récit semblait prometteur, avec une découverte aussi macabre que bizarre, qui aurait du donner le ton et la ligne directrice du roman. Toutefois, le lecteur se retrouve vite à jongler entre une multitudes d’intrigues et autres mystères secondaires. On passe du thriller au presque-fantastique-mais-on-n’en-est-pas-sûr sans vraiment comprendre comment et surtout : pourquoi.

Et la petite Annie Thorne dans tout ça? Et bien elle se noie dans tous ce fourbi, et flotte dans le récit sans vraiment en faire partie.

Un titre un peu racoleur donc, puisque la disparition n’est pas véritablement le point central du roman. Un titre de type La Mine, ou Six Pieds sous Terre aurait été plus éloquent.

Trop de King tue le King

Sans dévoiler le twist final, le lecteur, s’il est un peu familier avec les œuvres de King, ne pourra une fois de plus que faire le parallèle avec (encore) une de ses œuvres maîtresse. Résultat : on aime le style et l’ambiance, on aime moins la sensation d’un peu réchauffé, de déjà vu et de pas abouti.

D’autant que les pistes les plus intéressantes et audacieuses ne sont que survolées, sans jamais creuser dans le vif du sujet. Peur de devenir Calife à la place du Calife, ou juste manque de parti pris ?

L’un ou l’autre laisseront un petit gout de je reste sur ma fin faim.

Crédit photo en-tête Penguin Books Australia


Sème la terreur

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