[Livre] Alien de Roger Luckhurst : anatomie d’un monstre sacré

Sème la terreur

Livre issu de la série “British Film Institute : Les Classiques du Cinéma”, Alien de Roger Luckhurst Démontre comment et pourquoi ce slasher intersidéral, cette histoire de maison hantée dans l’espace, est parvenue à se nicher autour de notre imaginaire le plus sombre sur la fragilité de l’humanité.

Alien Roger Luckhurst

Dans un livre personne ne vous entend crier

Dans cet ouvrage, Roger Luckhusrt retrace les origines du film et remonte aux sources de notre fascination pour cette créature tout droit sortie des enfers sidéraux.

En retraçant la genèse de chacun des membres de l’équipage du Nostromo, Alien nous propose une analyse du film, mais également de son impact sur nous, spectateurs, toutes générations confondues, ainsi que sur le genre et l’industrie du cinéma hollywoodien.

Un film réalisé presque par accident, finalement comme toute mutation génétique, qui aura marqué l’inconscient collectif à l’acide. Articulé autour de l’analyse de tous les personnages du film classés par chronologie de leur mort (ou pas), Alien nous invite également à mener une réflexion psychologique sur la représentation de ce monstre ainsi que notre réaction face à ce traumatisme visuel.

❞Les gens font la queue pour voir des films comme Alien afin de maîtriser de puissantes angoisses inconscientes en ayant l’impression qu’ils parviennent à exercer activement un contrôle sur la situation la deuxième fois qu’ils y sont confrontés. Mais est-ce vraiment le cas ?❞

Agrémenté de quelques anecdotes de tournage, ce livre propose une incroyable réflexion sur la condition humaine, la sexualité, l’enfantement (souvenez-vous de cette sublime scène “d’accouchement” de Kane à la table du petit déjeuner), ainsi que notre fascination viscérale pour ce film et ces scènes “faisant office de blessure traumatique, que nous semblons condamnés à revisiter“.

Une plongée fascinante dans l’univers de cette incroyable créature (le film comme le monstre) et de l’immense portée symbolique que ce film, considéré d’abord comme une “simple slasher”, porte à bout de tentacules.

Comme tous les membres de l’équipage, le chat Jonesy n’échappera pas à la griffe de Luckhusrt, qui met en avant le rôle, à première vue anodin, de ce petit rouquin insolent, qui finalement nous survivra tous.

Une analyse qui va alors nous ouvrir les yeux sur l’évolution de notre espèce, ainsi que la co-évolution avec d’autres. C’est alors que la logique des 4 films prend tout son sens, avec une Ripley qui passe de proie à chasseuse pour finir elle-même par fusionner avec la créature. Un parcours que le spectateur mènera lui aussi : d’abord terrifié, puis fasciné, nous finiront par l’accepter (voire l’adorer) et nous l’approprier.

Une lecture passionnante à propos d’un film qui aura réussi à pondre en chacun de nous une terreur qui nous déchire le plexus de plaisir, à chaque visionnage.


Sème la terreur

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